un coeur pour un centime

Publié le par Sorcière aux Axolotls

Un jour , Loïc, propriétaire et gérant d'un magasin de glaces et sorbet, voir un petit garçon qui avait très chaud, qui boit de l'eau à une bouteille, mais regardait les autres enfants du parc manger des glaces avec envie; il y a beaucoup de tristesse dans ses yeux. Une fois que tous les enfants sont servis, il va le voir, et lui donne une glace dans un pot en carton, avec trois boules. Mais le petit garçon lui dit "monsieur je n'ai qu'un euro pour acheter du pain pour maman à la maison, et un centime, et j'ai vu les prix, je sais que cette glace vaut plus cher que ma monnaie.' Loïc lui dit 'écoute, donne moi ton centime et prends ça, ça me fait plaisir de te voir heureux'.
Et chaque jour, tant qu'il fait chaud, Loïc le glacier prend un centime au petit garçon , Alain, et lui donne une belle grosse glace. Le petit gars la prend et court à la maison la partager avec sa maman. laquelle est pauvre et malade et ne peut pas travailler.
Un jour c'est l'anniversaire de la maman d'Alain. Et il n'a pas d'argent pour offrir un beau bouquet de fleurs : certes, il a un travail, mais c'est pour économiser pour ses études plus tard  : il ramasse tous les déchets qu'il trouve et les amène dans un endroit où ils sont triés, recyclés ou détruits.
Il ne dépense que le minimum pour lui et sa mère : nourriture, vêtements, loyer et factures.
Il s'arrête comme d'habitude devant la boutique de fleurs et il entend pleurer la fleuriste  : ses fleurs qu'elle a commandées.. n'ont aucune tige  ! et le nouvel intermédiaire est catégorique  : il ne remboursera pas !

Alors le petit Alain a une idée : il demande à aller dans la réserve de la boutique, et ... il prépare .. quelques petites choses.

La fleuriste, Lune, est tellement bouleversée qu'elle ferme sa boutique ... en oubliant le petit gars  !

Mais il  y a une chatière et il est tellement fluet qu'il peut passer sans soucis.

Alors il va voir sa mère, s'assure qu'elle dort profondément .. et retourne à la boutique... et ne rentre dormir qu'à une heure du matin.

Le lendemain, ce sont les vacances, Alain a congé. Et il reçoit sa paye. Il va en donner les trois quarts à sa mère, et , avec le quart qui lui reste et une petite prime, il sort, il achète un petit appareil  à souder,  du plâtre, une boite de peinture acrylique.. et rentre discrètement dans la boutique de fleurs.
Là il travaille d'arrache-pied, mais lui n'a pas l'impression de travailler : il adore fabriquer des objets : il crée et produit des fontaines pour le plaisir des yeux, dispose les fleurs sans tige dans les petits lacs des fontaines ; il fait sécher quelques fleurs, d'autres les garde fraîches, et il les emprisonne dans de la résine.. il crée des mini paysages,  à disposer sur des meubles bas pour la décoration, il crée des bouquets artificiels, des mobiles, il crée même tout un tas de bijoux, des colliers, des boucles d'oreilles, ... une fois qu'il a utilisé tout le stock de fleurs et de pétales et des objets ramassés et récupérés un peu partout, il suit son idée.

Il va voir Loïc, le marchand de glaces, et lui donne rendez vous dans cette arrière-boutique qu'il a occupé pendant des jours et des jours. Alain lui raconte sa passion de fabriquer et réparer des objets, et il a voulu aider la fleuriste qui a été si gentille avec lui.

Loïc est ému, Lune est sa femme et elle est tombée malade à cause du stress.

Mais il la persuade de sortir un peu, au beau soleil, et l'air de rien, prend le chemin de la boutique de fleurs.

Il la fait entrer dans l'arrière-boutique dans lequel attend Alain.

Il dit à sa femme, "attends, je te mets un foulard sur les yeux"; il allume la lumière, dit à sa femme de retirer le foulard : elle voit tout, elle pousse un cri d'admiration.  Chaque objet est beau, soit luisant, soit brillant, soit tout doux comme les couleurs pastels; il y en a pour tous les budgets, tout les goûts. Ils installent les objets dans les vitrines, dans le magasin, ré-ouvrent la boutique et attendent les clients.
Le premier jour, trois clients viennent, admirent, achètent, et repartent, mais pas directement chez eux : ils ont d'autres choses à regarder , à acheter, des amis à rencontrer ...et ils parlent des nouvelles décorations dans la boutique de fleurs.

Le second jour, une dizaine de personnes font la queue, le troisième jour quinze, et ainsi de suite, en moyenne, la boutique a vingt clients par jour.

Un jour Alain disparaît, ainsi que sa maman. Pendant quelques temps,  ceux qui aiment bien ce bon garçon sont très inquiets, mais les jours passant, tout rentre dans la sérénité, avec cependant une pensée émue.

Un jour, un grand hôpital, obsolète, quasiment en faillite, se fait refaire une beauté, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Une dizaine de cliniques ouvrent partout dans la petite ville, pour éviter aux patients d'effectuer un long voyage d'eux même : ce sont des cliniques de proximité.

Beaucoup de personnel dans ces bâtiments dédiés aux soins,  des gros moyens pour que tout le monde se sente bien aussi bien les soignants que les soignés.

Les admissions au grand hôpital sont décidés par les cliniques.

Un jour , Lune la fleuriste doit accoucher; sauf que l'accouchement se révèle très compliqué.La clinique d'à coté envoie une ambulance; la jeune dame est prise en charge, elle donne vie à son bébé dès l'arrivée... et sombre dans le coma. Le bébé est mis en couveuse, pour observation pendant 48 heures et est confié à son père, Loïc. Le petit est en excellente santé.

De son côté, la santé de Lune se dégrade de plus en plus... et le meilleur médecin de la ville est appelé d'urgence : il arrive, pose le diagnostic  :  des lésions sont apparues un peu partout , il faut opérer d'urgence, alors elle est transportée avec précautions à l'hôpital, et là immédiatement emmenée au bloc opératoire.

Pendant dix heures, lui et quatre autres médecins, ainsi que six infirmières s'acharnent à la maintenir en vie et à  réparer les dégâts. Et puis, constatant qu'ils ne peuvent rien faire de plus, que tout est réparé, recousu, refermé, ils la mettent en salle de réveil, et le personnel infirmier se relaie à son chevet toutes les trois heures.
Elle ouvre les yeux, elle parle, se rendort.

Averti, Loïc accourt : il lui prend la main, sourit, et lui montre le bébé.

De jour en jour, Lune va mieux, et enfin, avec Loïc, rencontre le docteur qui a pris soin d'elle. Mais malgré le fait que leurs revenus ont augmentés, ils auront bien du mal à payer tous les soins.

Ils font par de leur souci au chirurgien, qui leur dédie son sourire le plus chaleureux, et leur dit " regardez ces papiers"  : ces papiers ce sont les détails des soins  : durée de séjours , opérations, coût de la chambre, médicaments.. et c'est écrit , sur chaque feuille "payé" en grosses lettres rouges.

La signature en bas de chaque feuille ne fait aucun doute : c'est le fondateur-directeur général ET chirurgien en chef qui a payé tout ça. Pour Lune, Loïc et le bébé.

La dernière feuille déclare "à la charge de la patiente, il reste à régler deux centimes, un centime pour Lune, un centime pour le bébé" . Mais là aussi il est écrit "'payé'".

Devant l'incompréhension générale, Alain leur dit "'souvenez vous d'un petit garçon qui a payé ses glaces un centime, et un gros bouquet de fleurs pour sa maman malade un centime. Tout va bien maintenant. Et si vous voulez vraiment me récompenser, faites moi parrain du petit.".

Ce qui est fait aussi vite que possible.

Plus tard,  le bébé a bien grandit, et il a même des frères et soeurs ; Lui, il se nomme Lucas, et est devenu médecin urgentiste, une de ses soeurs marchande de glace et musicienne, un de ses frères fleuriste et poète, la dernière soeur avocate, et le dernier frère bibliothécaire.

Alain , de son coté, s'est marié et vit heureux, sa femme et lui ont eu deux enfants, un artiste sculpteur, et elle artiste en loisirs créatifs.

Les petits enfants  de ce petit monde sont nés, et l'un d'eux est devenu chirurgien en chef et directeur général de tous les établissements de santé de la ville, tout le monde y est accepté, pauvres comme riches les factures se montant à des milliers de pièces ou bien à un centime.













 

Publié dans Contes à ma manière

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